Chimiothérapie intensive et autogreffe
Il se peut que votre hématologue vous demande de subir une autogreffe.
Je l'ai refusée pour diverses raisons, je n'ai pas rencontré à ce jour des personnes qui ont prise la même décision que moi. Donc je n'encourage personne à suivre mon exemple !
Quel est le principe du traitement ?
Votre médecin vous a proposé d'inclure dans votre programme thérapeutique une étape appelée chimiothérapie intensive avec autogreffe de cellules souches. Très souvent, ce traitement est simplement appelé " autogreffe " .
La chimiothérapie intensive, fait suite aux cures de chimiothérapie (appelée aussi " chimiothérapie conventionnelle ") que vous recevez ou que vous allez débuter. Elle a pour objectif de compléter et consolider les effets positifs de la chimiothérapie. Car, augmentant les doses de médicaments anti-cancéreux on détruit un plus grand nombre de cellules tumorales qui peuvent persister à la fin du traitement conventionnel. Ainsi, les risques de rechute seront réduits.
L'augmentation des doses de médicaments anti-cancéreux se traduit également par un accroissement de leur toxicité en particulier pour vos cellules de la moelle osseuse. Ces doses fortes ont pour conséquence de réduire le nombre de vos globules blancs, globules rouges et plaquettes. C'est ce que l'on appelle l'aplasie. Dans le cas d'une chimiothérapie intensive l'aplasie est profonde et prolongée.
C'est pourquoi on pratique l'autogreffe (réinjection de vos propres cellules). Elle permet de corriger l'aplasie et aussi de réduire les risques infectieux et hémorragiques par exemple qui y sont associés.
L'autogreffe répare les dommages infligés à la moelle osseuse en utilisant vos propres cellules (greffon autologue) qui ont été prélevées (cytaphérèse) avant le traitement intensif. C'est une thérapie cellulaire qui reconstitue vos défenses et vient en renfort de votre traitement.
Le prélèvement de vos cellules souches s'appelle une cytaphérèse.
Le traitement est-il dangereux et/ou douloureux ?
La chimiothérapie intensive ne vous sera administrée que si votre médecin estime que vous pouvez la supporter. Les risques de la chimiothérapie intensive sont identiques à ceux de la chimiothérapie conventionnelle. Ils dépendent essentiellement du type des médicaments anti-cancéreux qui sont choisis en fonction du type de votre cancer.
L'autogreffe, consiste à réinjecter, par voie intraveineuse, les cellules qui vous ont été prélevées. On utilise en général le site implantable ou un cathéter qui vous ont été posés. Malgré le nom de greffe, il ne s'agit pas de chirurgie, mais d'un geste qui ressemble à une transfusion, ce n'est donc pas un acte douloureux.
Les cellules qui sont ré-injectées étant les vôtres, il n'y a pas de risque de transmission de maladies infectieuses (néanmoins, un bilan sérologique avant le prélèvement de cellules est rendu obligatoire par la législation française, et permet de détecter d'éventuelles infections pré-existantes).
Comment se déroule le traitement ?
Votre traitement va comporter plusieurs étapes : La collecte de vos cellules souches (cellules souches autologues) : elle est décrite dans un document spécifique intitulé " Cytaphérèse ". Cette étape se déroule essentiellement dans le cadre d'une prise en charge ambulatoire (à domicile et en hôpital de jour). Elle est organisée en fonction des dates de vos chimiothérapies conventionnelles, et de celles de vos consultations spécifiques, de votre accueil au sein de l'unité de cytaphérèse intégrée à l'hôpital de jour. Vous venez à l'Institut autant de fois que nécessaire pour que soit prélevé un nombre suffisant de cellules souches mais vous rentrez le soir chez vous.
La chimiothérapie intensive, elle, se déroule en hospitalisation classique. En effet cette étape nécessite une surveillance de la période d'aplasie.
Dès votre arrivée, des médicaments anti-cancéreux vous sont administrés, pendant un ou plusieurs jours consécutifs. En même temps, vous recevez une perfusion qui favorise l'élimination des médicaments après leur action. La combinaison de médicaments anti-cancéreux à fortes doses porte le nom de " conditionnement " à la greffe.
L'autogreffe, réinjection de vos cellules par voie intra-veineuse.
Après leur prélèvement, vos cellules ont été conservées à très basse température (dans l'azote liquide). Le jour prévu pour leur ré-injection, elles sont décongelées au laboratoire de thérapie cellulaire avant d'être mises à votre disposition pour une ré-injection immédiate.
Combien de temps dure le traitement ?
La durée de votre hospitalisation pour recevoir la chimiothérapie intensive et l'autogreffe peut être variable. Quel que soit le mode de surveillance mis en place, ce traitement représente une période de deux à trois semaines qui est fortement médicalisée. Elle est, en règle générale, incompatible avec d'autres projets personnels ou professionnels.
L'autogreffe ne peut être réalisée que 24 heures au moins après la dernière administration de médicament anti-cancéreux. La ré-injection elle-même dure de 15 à 30 minutes.
Quelles précautions faut-il prendre ?
L'utilisation de " chambres stériles " (chambres à atmosphère protégée pour réduire les risques de transmission de maladies infectieuses) n'est pas indispensable. Dans la majorité des cas, les autogreffes sont réalisées dans des chambres conventionnelles, et des mesures simples d'hygiène sont requises pour vos visiteurs. L'Institut fera tout son possible pour vous hospitaliser dans des chambres seules pour cette étape de votre traitement.
Y a-t-il une préparation spéciale pour ce traitement ?
Le prélèvement par cytaphérèse nécessite un traitement préalable qui vous est expliqué dans le document intitulé " Conseils Pratiques sur la Cytaphérèse ".
Comme pour toute chimiothérapie, l'administration d'une chimiothérapie intensive nécessite de s'assurer que votre organisme est capable de supporter les effets secondaires associés. Votre médecin peut décider de la nécessité d'un bilan cardio-vasculaire, respiratoire ou autre avant de confirmer le traitement.
Y a-t-il des effets secondaires ?
Pour la chimiothérapie intensive, les effets secondaires sont de nature identique à ceux d'une chimiothérapie conventionnelle et incluent entre autres : nausées, vomissements, alopécie (chute des cheveux et des poils), mucite (ulcérations dans la bouche), fatigue ... Il n'y a pas nécessairement de relation de " proportionnalité " entre la dose de chimiothérapie qui vous est administrée et l'intensité des effets secondaires que vous pourrez ressentir.
Pour l'autogreffe, les effets secondaires sont rares. On peut observer : des fluctuations de la tension artérielle, du rythme cardiaque, voire des malaises. La survenue de ces effets secondaires est surveillée par le personnel médical et paramédical responsable de la ré-injection. Ils décident d'une prise en charge spécifique.
Vous devez noter que la présence d'un reste de produit utilisé pour la bonne conservation des cellules à très basse température (le DMSO) se traduit par une odeur caractéristique dans la chambre pendant quelques heures.
Y a-t-il des recommandations spéciales liées au traitement ?
Comme pour toutes les étapes de votre traitement, il est indispensable que vous preniez contact avec votre médecin et avec votre équipe médicale à l'Institut Paoli-Calmettes pour signaler tout événement indésirable vous concernant, et tout changement de votre état de santé qui pourraient remettre en cause le bon déroulement de votre programme thérapeutique. En particulier, vous devez être particulièrement vigilant devant la survenue d'un problème infectieux, qui peut être révélé par de la fièvre.
Les recommandations sont identiques à celles qui vous sont faites pour la chimiothérapie conventionnelle.
Posez toutes vos questions à l'équipe médicale et para-médicale qui y répondra.