Ainsi va la vie...
Des hauts, des bas, des moments où l'on a l'impression que le sort s'acharne et puis auxquels succèdent des moments d'accalmie. Des moments où l'on a envie d'embrasser tout le monde, et puis aussi des moments où l'on a envie de « tuer » tout le monde... On se retire dans sa grotte et telle une marmotte en hiver, nos sens ne répondent plus. On est sourd aux gens qui, près de nous ou plus éloignés, veulent nous aider, nous tendre la main. On n'a plus envie de parler « A quoi ça sert ? Puisqu'ils ne comprennent pas, puisqu'ils ne me comprennent pas ! »
Il est vrai qu'il ne faut pas s'enfermer dans sa souffrance, cette souffrance qui s'est abattue sur nous et qui nous fait maintenant vivre sur le fil du funambule. On tombe ? On ne tombe pas ? On va vers la rémission ou pas ? On s'engage sur le chemin de la guérison ou pas ? Et notre volonté de s'en sortir, quel est son rôle dans tout çà ? Je pense, et cela n'engage que moi, que lorsque l'on a un cancer, c'est aussi pour que nous puissions aimer la vie.
Pour peu que l'on s'interroge sur le sens du « Mal à Dit », nous trouverons un ou des événements qui ont cristallisé nos émotions non exprimées. Un pardon que l'on n'accorde pas ou que l'on ne s'accorde pas.
C'est vrai que je cherche toujours au-delà de ce qui peut m'arriver. Essayer de comprendre le sens caché des mots, des actes, des événements, le sens caché des choses de la vie. Je n'ai pas toujours les réponses mais j'avance dans la connaissance de moi-même. La reconnexion à mon moi profond fait que je me reconnecte aux autres et je peux maintenant les écouter, les comprendre sans émettre de jugement.
Pour certaines personnes, il leur est difficile d'entendre que je remercie le cancer d'avoir pris possession de mon corps. Mais sans lui, est-ce que j'aurais un jour autant pris soin de moi ? Est-ce que j'aurais accepté de m'arrêter un peu de penser aux autres et enfin m'accorder de la valeur ? Valeur pour les autres, mais d'abord, pour moi. Se dire que l'on « vaut le coup » tout simplement et enfin, s'aimer. Il faut une bonne dose d'amour pour soi pour ne pas laisser de prise à un cancer. Sans tomber dans l'égocentrisme ou le nombrilisme, simplement se dire que l'on est un être unique mais relié au tout, relié aux autres. Aimons- nous, ne laissons jamais personne nous faire du mal, et, si cela arrive, ne donnons pas de prise à ce mal.
Côtoyons des gens honnêtes, sincères ! Laissons s'envoler les futilités de la vie ! Soyons vraies, soyons nous-mêmes ! Ainsi va la vie...

